Saturday, December 20, 1997

Le détail


Au sujet des chambres à gaz nazies, Jean-Marie Le Pen a déclaré : 

Si vous prenez un livre de mille pages sur la seconde guerre mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes : ce qui s'appelle un détail. 

Il aurait pu invoquer des arguments encore plus percutants et plus précis, et en appeler à Eisenhower, Churchill, de Gaulle, Élie Wiesel, René Rémond, Daniel Goldhagen et au texte même du jugement de Nuremberg.

Eisenhower, Churchill, de Gaulle

Trois des ouvrages les plus connus sur la seconde guerre mondiale sont Croisade en Europe du général Eisenhower, La Seconde Guerre mondiale (Mémoires) de Winston Churchill et les Mémoires de guerre du général de Gaulle. Dans ces trois ouvrages on ne trouve pas la moindre mention des chambres à gaz nazies [1].

Élie Wiesel

Il en va de même pour le récit autobiographique où Élie Wiesel relate son expérience d'Auschwitz et de Buchenwald [2]. Dans le premier volume de ses mémoires, il écrit : «Les chambres à gaz, il vaut mieux qu'elles restent fermées au regard indiscret. Et à l'imagination [3]. »

René Rémond

Dans le troisième volume de son Introduction à l'histoire de notre temps, René Rémond qui, à l'époque, présidait, au sein du Comité d'histoire de la deuxième guerre mondiale, la commission de l'histoire de la déportation, ne soufflait pas mot de ces chambres à gaz [4]. Quatorze ans plus tard, alors qu'il était devenu le président de l'Institut d'histoire du temps présent, il ne mentionnait pas non plus ces chambres à gaz dans un ouvrage long de 1.013 pages [5].

Daniel Jonah Goldhagen

Depuis mars 1996, l'historien juif américain Daniel Jonah Goldhagen est progressivement devenu la coqueluche des médias à travers le monde grâce à un livre paru en français sous le titre : Les Bourreaux volontaires de Hitler. Les Allemands ordinaires et l'Holocauste. S'il y mentionne les chambres à gaz nazies, ce n'est guère que pour dire que « leur efficacité [a été] largement surestimée » [6] et qu'elles ont toujours été, à tort, « la préoccupation dominante de l'opinion et même des historiens » [7]. Il va jusqu'à estimer que le gazage était « un épiphénomène dans l'extermination des juifs » [8] et que « l'excès d'attention accordé aux chambres à gaz doit être contrebalancé » [9].

Le jugement de Nuremberg

La loi Fabius-Gayssot interdit de contester, dans le jugement du tribunal de Nuremberg (30 septembre et 1er octobre 1946), ce qui est relatif aux seuls «crimes contre l'humanité». Parmi ces crimes figure l'emploi de chambres à gaz homicides. Mais on constate que, sur les quelque quatre-vingt-quatre mille mots de la version française du jugement, seuls cinq cent vingt mots, extrêmement vagues, sont consacrés à ces chambres à gaz. Ce qui constitue 1/160e du texte du jugement ou 0,62 %. Autrement dit 99,38 % du jugement ne portent pas sur ces chambres.

Pourquoi tant de discrétion ?

Sur les différents motifs pour lesquels Eisenhower, Churchill, de Gaulle, Élie Wiesel, René Rémond, Daniel Goldhagen et le texte même du jugement de Nuremberg sont si discrets au sujet des chambres à gaz nazies, les révisionnistes ont des explications que la loi Fabius-Gayssot leur interdit de formuler.
20 décembre 1997

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[L'essentiel de ce texte a été publié le 1er janvier 1998 par National Hebdo (p. 15) sous le titre : « Précisions sur le détail » et par Rivarol (p. 2) sous le titre : « Avez-vous des textes ? ».]


Notes

[1] Crusade in Europe (1948) d'Eisenhower compte 559 pages ; The Second World War (six volumes, 1948-1954) de Churchill compte 4.448 pages et les Mémoires de guerre de de Gaulle (trois volumes, 1954-1959), 2.054 pages. Soit un total de 7.061 pages (sans compter les pages introductives) publiées de 1948 à 1959 ; on n'y trouve aucune mention ni des « chambres à gaz » nazies, ni du « génocide » des juifs, ni des « six millions » de victimes juives de la seconde guerre mondiale.
[2] É. Wiesel, La Nuit, Paris, Editions de Minuit, 1956. 
[3] É. Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer (Mémoires), Paris, Le Seuil, 1994, p. 97. 
[4] R. Rémond, Le XXe siècle de 1914 à nos jours, Paris, Le Seuil, 1974. 
[5] R. RémondNotre Siècle, de 1918 à 1988, Paris, Fayard, 1988. 

[6] D. J. Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler. Les Allemands ordinaires et l'Holocauste
Paris, Le Seuil, 1997, p. 18. 
[7] Id., p. 170.
[8] Id., p. 504. Le texte original anglais porte : « [...] contrary to both scholarly and popular treatments of the Holocaust, gassing was really epiphenomenal to the Germans' slaughter of Jews », D. Goldhagen, Hitler's Willing Executioners: Ordinary Germans and the Holocaust, Londres, Little, Brown & Co., 1996, p. 533, n. 81.
[9] D. J. Goldhagen, Les Bourreaux volontaires de Hitler, p. 506.

Friday, October 31, 1997

« Le Monde », journal oblique (suite)


Le Monde mérite sa réputation de tartuferie. Récemment, il faisait compliment à l'avocat Gérard Boulanger de ce que ses deux livres sur Maurice Papon étaient « à l'image de leur auteur [...] non dénués d'une salutaire mauvaise foi [1] ».

« Une salutaire mauvaise foi » : telle pourrait être la devise du journal. 

Son médiateur, Thomas Ferenczi, est préposé à la censure du courrier qu'il reçoit. Ses chroniques sont lourdes et sentencieuses et ses pratiques se signalent par leur malhonnêteté. Suceur de réglisse, le faux dévôt s'emploie à nous cacher les seins que nous ne saurions voir. Il est payé pour cela. 

Dans une même livraison de son journal, il monte d'abord en chaire pour demander : « Le premier article de la charte des journalistes français ne déclare-t-il pas qu'un journaliste digne de ce nom tient “les accusations sans preuves” pour l'une des plus graves fautes professionnelles ? [2] » Succulente question de la part d'un journaliste qui n'a qu'à se lire ou à lire ses confrères pour constater que Le Monde fait de l'accusation sans preuve son pain quotidien. 

Puis, T. Ferenczi, qui ne manque pas de souffle, publie trois lettres signées respectivement Brunschwig, Hayem et Emerich pour porter contre l'Allemagne la plus atroce des accusations : celle d'avoir eu une politique d'extermination physique des juifs, notamment par le moyen d'abattoirs chimiques appelés « chambres à gaz ».


Brunschwig rapporte qu'un jour, en 1942 ou 1943, un garçon de son âge (treize, quatorze ans ?) lui aurait dit : « Toi, tu finiras en savonnette. » Voilà, estime-t-il, qui laisse à penser qu'à l'époque on devait bien savoir que la déportation des juifs « se terminait dans l'extermination et dans l'horreur », entendez par là : dans les chambres à gaz. Le raisonnement de Brunschwig, passant de la savonnette à l'abattoir, est si hardi qu'on se demande comment T. Ferenczi a pu juger bon de le reproduire.

Hayem, lui, laisse entendre que l'angoisse des juifs était telle qu'elle ne pouvait s'expliquer que par la connaissance instinctive de l'existence d'une mise à mort dans des conditions matérielles atroces. Là encore le raisonnement ne manque pas de hardiesse.

Quant à Emerich, il invoque le témoignage d'Anne Frank qui, dans son journal, écrit : « La radio anglaise parle de chambres à gaz. »

T. Ferenczi pris la main dans le sac

Dans les trois lettres, le médiateur du Monde avait pratiqué des coups de ciseaux. Le procédé n'a rien de répréhensible aussi longtemps que la pensée des auteurs n'est pas dénaturée ou qu'un point d'importance n'est pas omis à dessein.

Or, le premier des trois auteurs de ces lettres, Jacques Brunschwig, ancien professeur de philosophie à la Sorbonne, écrivait, dès le 21 octobre, « à ses amis et à quelques autres» pour se plaindre de T. Ferenczi. Il écrivait en propres termes :

Pour votre information, je me permets de vous envoyer le texte complet de ma lettre au Monde, qui a subi quelques coupures que je regrette, pour des raisons que vous comprendrez aisément. Je crois aussi que le médiateur aurait mieux fait de ne pas publier la lettre d'un autre lecteur [Michel Emerich, de St-Germain-en-Laye], qui s'appuie uniquement sur le Journal d'Anne Frank, document dont le caractère suspect a été malheureusement assez bien démontré par l'infect Faurisson. 

Parmi les passages que J. Brunschwig reproche justement à T. Ferenczi d'avoir supprimés figurent quelques lignes, d'importance capitale, sur le mythe du « savon juif ». Voici ces lignes :

Je range aujourd'hui cette anecdote dans le rayon de ce qu'on pourrait appeler les « bobards vrais ». Il semble, en effet, d'après les historiens les plus sérieux, que cette histoire de transformation des restes humains en savon relève de la légende.

En rappelant ce point d'histoire, J. Brunschwig manifestait un souci de vérité qui, manifestement, est apparu à T. Ferenczi fâcheux ou oiseux. Alors, lemédiateur du Monde a pris ses ciseaux, il a coupé, il a amputé, ce qui lui a permis d'apporter sa contribution au maintien du mythe du savon juif. 

Si l'on fait le compte des preuves de l'existence des chambres à gaz nazies, on trouve en tout et pour tout dans ces trois lettres, sans tenir compte du traitement spécial que leur a fait subir le médiateur du Monde :

1. une histoire de savonnette, fondée sur un mythe ;

2. une spéculation de nature artistique ; 

3. un « document [au] caractère suspect » (pour ne pas dire une supercherie littéraire).


31 octobre 1997


[1] J.-A. Fralon, « Gérard Boulanger, avocat des parties civiles : un combat de seize ans mené au nom du “malheur des juifs” », Le Monde , 9 octobre 1997, p. 10.

[2] Le Monde, 19-20 octobre 1997, p. 13.


Friday, October 24, 1997

« Anthony Eden » au procès Papon



A plusieurs reprises, les parties civiles ont fait état d'une déclaration commune des Alliés en date du 17 décembre 1942, lue ce jour-là par Eden devant la Chambre des communes et la Chambre des Lords.

Il est exact que les mots d’« exterminer » et d’« extermination » y figurent mais dans le sens de mort par le travail, par le froid, par la faim ou par des exécutions massives. Il n'y est pas question de chambres à gaz. D'ailleurs, huit mois plus tard, en août 1943, le gouvernement britannique, préparant avec les Américains et les Soviétiques une déclaration commune sur « les crimes allemands en Pologne », signalait aux Américains, qui allaient, à leur tour, le signaler aux Soviétiques, qu'il convenait d'éliminer du projet de déclaration le fragment portant sur les chambres à gaz, faute « de preuve suffisante pour justifier la déclaration concernant les exécutions en chambres à gaz » [1]. Toute mention de « chambres à gaz » disparut dans le communiqué final [2].

24 octobre 1997


[1] Foreign Relations of the United States, Diplomatic Papers, 1943, I [1963], p. 416-417.

[2] The New York Times, 30 août 1943, p. 3.


Thursday, October 23, 1997

Le professeur Faurisson à nouveau condamne


Le 23 octobre, Jean-Yves Monfort, présidant la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris avec, à ses côtés, Mlle Anne Depardon et Mme Françoise Soulié, a condamné le professeur Faurisson à une peine de 120 000 F qui se décompose comme suit : 50 000 F d'amende, 50 000 F pour trois publications judiciaires forcées et 20 000 F pour Me Lorach, avocat des cinq parties civiles. Le tribunal ordonne la diffusion du texte de la condamnation dans Le Monde, Libération et – innovation remarquable – dans le Journal officiel de la République française. Voici le texte à diffuser :


M. Robert FAURISSON condamné 
pour contestation de crimes contre l'humanité

Par jugement prononcé le 23 octobre 1997 par le tribunal de Paris (XVIIe Chambre correctionnelle), M. Robert FAURISSON a été condamné à la peine de cinquante mille francs d'amende et au paiement de dommages-intérêts aux associations d'anciens déportés, parties civiles, pour avoir commis le délit de contestation de crimes contre l'humanité, prévu par l'article 24 bis de la loi du 29 juillet 1881, en diffusant, le 19 avril 1996, un communiqué de presse affirmant notamment « que les chambres à gaz sont une imposture ».


Aucun journaliste n'a assisté au procès du professeur. Aucun organe de la grande presse ou des médias de l'établissement ne s'est fait l'écho du procès ou de la condamnation. 

Silence, on bâillonne !

23 octobre 1997

Wednesday, October 8, 1997

Samuel Crowell and his air-raid shelter door argument

Samuel Crowell was kind enough to phone me recently when he heard that I seemed to disagree with his views on the air-raid shelter doors (see Smith's Report, September 1997, p. 1, 3-4). We had a long conversation. I told him that, insofar as he explained at length what a German air-raid shelter and the door of such a shelter were, I totally agreed with him, since that was exactly what I had myself discovered in the '70s and what Fritz Berg also studied in the '80s. The last time I mentioned the matter in English was, I suppose, in 1991. At that time I wrote in an article about J.C. Pressac:


A gas-tight door is a Gastür or gasdichte Tür. English speakers use "gas-proof door" as well as "gas-tight door"; this type of door can be used for delousing gas chambers or for airlocks (for example, airlocks in an oven-room or in an air-raid shelter). [...] In a bombing attack, the door to an air-raid shelter is supposed to guard against two effects, among others, caused by exploding bombs: suction of the oxygen out of the shelter and penetration of CO into the same shelter (JHR, Spring 1991, p. 49, 65).


In order to give us an idea of what those air-raid shelter doors could look like, Crowell presents us with some German advertisements. I already had some advertisements coming from F. Berg and also, perhaps more interesting, six or seven photos of such a door in the cellar of a German house in 1939-1940 (in Karlsruhe). I informed Crowell I was ready to send him copies of those photos.

I disagree with Crowell when he says that the presence of such a door is proof that the room equipped with it was necessarily an air-raid shelter. I took the example of Majdanek that he had himself mentioned. I had visited the place in 1975 and noticed that the Germans had used such doors for the disinfestation gas chambers. I even remember that, apparently, they had put into the peep-hole of one of those doors a thermometer in order to control the temperature of the room, which was heated by a stove situated in another little room and connected to the gas chamber itself by a large pipe. I suppose that, once the temperature was appropriate, a device would stop any contact with the stove room.

For Crowell, this place was logically an air-raid shelter above ground. He added that the Germans had many such shelters underground but also above ground. I asked him if he had seen the place. He said he had not visited Majdanek. I told him that, if he had seen the place, he would have noticed that the building was not made of concrete. (In fact, it was made of brick, with a wooden roof, collapsed in July 1944 when the Soviets arrived). I added that J.-C. Pressac himself had to admit that the place was a "disinfestation gas chamber" (Auschwitz: Technique and Operation of the Gas Chambers, 1989, p. 555, 557). The photo given by J. -C. Pressac, with the reconstructed wooden roof, speaks volumes: the place could never have been an air-raid shelter!

Another disagreement: Crowell says that J.-C. Pressac "is a man of integrity and honor" and, as an example of such integrity and honor, he mentions that the man was fair enough to say that nobody had yet explained why on the collapsed roof of the so-called gas chamber of Krema II there were only two openings for Zyklon B instead of the four introduction points mentioned in the "Holocaust" literature. But J.-C. Pressac committed there a damned lie: in fact, there are zero such openings and the two holes he alludes to, considering their place and their shape, could never have been "introduction points" for Zyklon B! If such points had existed, even two instead of four, imagine the fuss in the media and in every book about Auschwitz. In fact, as I said to Crowell, we should go back to my quip: "NO HOLES, NO 'HOLOCAUST'" (which we could also write: "NO HOLES, NO HOLOCAU$T").

In Washington, on April 21, 1993, Mark Weber and I denounced the "Gas Chamber Door Fraudulently Portrayed at US Holocaust Museum" (JHR, September-October 1993, p. 39). We said it was a casting of the door, in Majdanek, of a disinfestation gas chamber, even according to Pressac. It would be a mistake for Crowell to say 1) that the fraud was discovered only in 1997; 2) that the door was that of a place to be considered an air-raid shelter.

Finally, Crowell told me on the phone, if I am not mistaken, that the German word "Gaskammer" could mean "Gasschützkammer". This is more interesting but I do not know if he is right. After our phone conversation, I perused his 29-page essay on the whole matter, dated April 30, 1997. I had previously had no time to read it. I found it interesting for the reason I give in the first paragraph of this very letter.

October 8, 1997

From the Adelaide Institute Newsletter (on-line) no. 66, Dec. 1997.

Saturday, August 9, 1997

Maurice Papon and Yves Jouffa: A Double Standard?


Maurice Papon, eighty-six years of age, stands accused of having, between July 1942 and May 1944 – a period during which he was general secretary of the Gironde Préfecture ("governorship" of the Bordeaux département) – participated in the sending away of 1,560 persons of Jewish origin, until then interned in the camp at Mérignac, to Drancy, whence they were to be deported to Auschwitz. He is due to appear as of 8 October 1997 before the assizes of the Gironde on charges of complicity in murder and in unlawful arrest and imprisonment, these offences having taken on the character of "crimes against humanity", in all clarity, and de facto , that of crimes against the Jews.
Barrister Yves Jouffa, aged seventy-seven, is the subject of a long note in Emmanuel Ratier's Encyclopedie politique francaise (vol. I, Faits & Documents, 1992, p. 363). According to this note, Y. Jouffa, chief of the Young Socialists in 1939, was interned at Drancy for over a year (from 20 August 1941 to September 1942). Released by the French authorities, he was not deported, having joined the General Union of French Jews (UGIF), of which his father was treasurer, to work in an aircraft factory in the Belleville district of Paris. He is Honorary President of the Association of Former Deportees and Internees of Drancy. From 1984 to 1991 he was president of the French League of Human Rights. He has pleaded in legal proceedings against revisionist authors. In particular, he has solicited judgement against me.
On 28 January 1997, on French television (TF 1), reporter Paul Amar showed, during his magazine programme "Le Monde de Lea", an interview with M. Papon in which the latter, at one point, recalled that at the Drancy camp an important Jewish personality participated in the "sorting" of Jews bound for Auschwitz. This remark was to provoke the wrath of Daniel Schneidermann, a Le Monde journalist and director, at the television station La Cinq, of the programme "Arrêt sur image" (Still Photo) (Le Monde, 2/3 February, p. 39; La Cinq, 2 February, 12.30 - 1.30 PM).
At first I believed that M. Papon was alluding to Robert Blum, who signed his notes (including those relating to the preparation of deportation convoys): "Lieutenant-Colonel Blum, Commandant of Drancy Camp" (Maurice Rajsfus, Drancy, Manya, 1991, pp. 234-275 ; see my article: "Le milliard des juifs... ou du Marechal Petain?", Rivarol , 7 February 1997, pp. 6-7).
In reality, the allusion concerned Barrister Y. Jouffa. Did this man know that he was sending his co-religionists to what, since the war, has been referred to in the media as an "extermination camp"? And if he did not know it, who could have known it?
Was Y. Jouffa released from Drancy in September 1942? For what reason and on what conditions? Did he then work in an aircraft factory in Belleville, thus for German military aviation?
Did he and his father belong to the countless "Brown Jews" (an expression relaunched by M. Rajsfus) who collaborated with the occupation forces, enjoying the active – even financial – protection of Marshal Philippe Pétain, and who notably prepared the big rounding up of the Jews housed in the Paris cycling arena, the Vel d'hiv, in July 1942?
Were they among all of those self-amnestied Jews who in 1944-1945 appeared before the so accommodating "intra-community tribunals" whilst an atrocious "purging" was being visited upon so many of those French people who could not claim to be Jewish?
August 9, 1997

Maurice Papon et Yves Jouffa : deux poids, deux mesures ?


Maurice Papon, âgé de quatre-vingt-six ans, est accusé d'avoir, entre juillet 1942 et mai 1944, alors qu'il était secrétaire général de la préfecture de la Gironde, à Bordeaux, participé à l'envoi de 1 560 personnes d'origine juive, internées au camp de Mérignac et acheminées à Drancy avant d'être déportées à Auschwitz. Il comparaîtra à partir du 8 octobre 1997 devant la cour d'assises de la Gironde pour complicité d'assassinats, complicité d'arrestations et de séquestrations illégales, ces crimes ayant revêtu le caractère de "crimes contre l'humanité"; en clair et de facto, de crimes contre les juifs.
Yves Jouffa, âgé de soixante-dix-sept ans, fait l'objet d'une longue note dans l'Encyclopédie politique française (tome I, Faits & Documents, 1992, p. 363) d'Emmanuel Ratier. A en croire cette note, Y. Jouffa, responsable des Jeunesses socialistes en 1939, fut interné à Drancy durant plus d'un an (20 août 1941 - septembre 1942). Relâché par les autorités françaises, il n'a pas été déporté, ayant rejoint l'Union générale des Israélites de France (UGIF), où son père était trésorier, pour travailler dans une usine d'aviation à Belleville. Il serait président d'honneur de l'Amicale des anciens déportés et internés du camp de Drancy. De 1984 à 1991, il a présidé la Ligue des droits de l'homme. Il a plaidé dans des procès visant des auteurs révisionnistes. Il a, en particulier, plaidé en faveur de ma propre condamnation.
Le 28 janvier 1997, sur TF 1, le journaliste Paul Amar a produit, dans son magazine "Le Monde de Léa", une interview de M. Papon. En une phrase, ce dernier a rappelé qu'au camp de Drancy une haute personnalité juive participait au "tri" des juifs pour Auschwitz. Cette remarque allait provoquer l'ire de Daniel Schneidermann, journaliste du Monde et responsable, sur la Cinq, de l'émission "Arrêt sur image" (Le Monde, 2-3 février, p. 39 ; la Cinq, 2 février, 12h30 - 13h30).
En un premier temps, j'avais cru que M. Papon faisait allusion à Robert Blum qui signait ses notes, y compris celles relatives à la préparation des convois de déportation : "Le lieutenant-colonel Blum, commandant le camp de Drancy" (Maurice Rajsfus, Drancy, Manya, 1991, p. 234-275 ; voy. mon article : "Le milliard des juifs... ou du Maréchal Pétain?", Rivarol, 7 février 1997, p. 6-7).
En réalité, l'allusion visait Me Y. Jouffa. Ce dernier savait-il qu'il envoyait ses coreligionnaires vers ce qu'après la guerre on a appelé, dans les médias, un "camp d'extermination" ? Et s'il ne le savait pas, qui aurait pu le savoir ?
Y. Jouffa a-t-il été libéré du camp de Drancy en septembre 1942 ? Pour quelle raison et à quelles conditions ? A-t-il travaillé alors dans une usine d'aviation à Belleville et, par conséquent, pour le compte de l'aviation militaire allemande?
Son père et lui ont-ils fait partie de ces innombrables "juifs bruns" (l'expression a été reprise par M. Rajsfus) qui ont collaboré avec les puissances d'Occupation, bénéficié de la protection active – et même financière – du Maréchal Pétain et préparé notamment la Rafle du Vel' d'Hiv' en juillet 1942?
Ont-ils fait partie de tous ces juifs auto-amnistiés en 1944-1945 par des "tribunaux d'honneur" cependant qu'une atroce "épuration" s'abattait sur tant de Français qui ne pouvaient pas, eux, se prévaloir d'être juifs ?
9 août 1997

Tuesday, July 8, 1997

Des millions de juifs européens, tombés sous la coupe des Allemands de 1939 à 1945, ont survécu à la guerre



Le 8 juillet 1997, le quotidien La Montagne, reproduisait, p. 12, une dépêche d’agence annonçant :


Le Fonds pour les victimes de la Shoah 
aidera plus de quatre cent mille personnes.

Berne. – Le fonds spécial créé à l’initiative des banques suisses pour les victimes de l’Holocauste ou leurs parents dans le besoin devrait aider plus de 400 000 personnes, a-t-on indiqué, hier, à Berne, où sa direction s’est réunie pour la première fois.

Selon le secrétaire général du Congrès juif mondial, Israël Singer, le fonds pourrait venir en aide à quelque 400 000 bénéficiaires, aujourd’hui âgés en moyenne de 80 ans.

Le président du Fonds, le Suisse Rolf Bloch, a cependant évalué à un million les bénéficiaires « potentiels » – juifs ou non – alors que le député israélien Avraham Hirschson a estimé à Berne que 600 à 800 000 juifs pourraient être concernés.


Cette dépêche d’agence présente l’avantage de rappeler une vérité d’évidence : en 1945, au lendemain de la guerre, les juifs européens « étaient encore là ». Cette formule, si parlante dans sa simplicité et sa justesse, est du révisionniste américain Arthur Robert Butz.

Cinquante-deux ans après la fin de la seconde guerre mondiale, plus de quatre cent mille juifs âgés en moyenne de quatre-vingts ans (ou, peut-être, de six à huit cent mille juifs) ont survécu aux épreuves de l’occupation par les Allemands de certains pays d’Europe. On les appelle des « victimes de la Shoah ». Ces chiffres, à eux seuls, confirment que j’ai eu raison d’affirmer que des millions de juifs européens ont survécu à l’occupation allemande. A partir de 1945 beaucoup de juifs ont quitté des pays comme la Pologne pour la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Canada, l’Argentine, l’Afrique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et, surtout, la Palestine (État d’Israël).

8 juillet 1997

Monday, June 30, 1997

L'abbé Pierre après la tornade


Le 16 mai 1997, invité par Bernard Pivot sur France-2, l'abbé Pierre, une nouvelle fois, demandait publiquement pardon d'avoir apporté son soutien à Roger Garaudy, l'auteur des Mythes fondateurs de la politique israélienne. Il ajoutait en propres termes: « Je n'avais pas lu [le livre]. » Pourtant, dans une lettre du 18 juin 1996, destinée au Monde mais non publiée par le journal, il avait bel et bien écrit : « Pour moi, au monastère [de Praglia, en Italie], j'ai pu au calme lire et annoter le livre incriminé. » Il avait même ajouté qu'il n'avait « rien pu y trouver de blâmable [1] ».

Mémoire d'un croyant

Avec l'aide d'un certain Frédéric Lenoir, l'abbé Pierre vient de rédiger un livre intitulé Mémoire d'un croyant. Le mot de « Mémoire » est écrit au singulier. Ce croyant qu’est l’abbé Pierre a deux sujets d'admiration : Jésus-Christ et l'abbé Pierre. A la lecture de l'ouvrage on finit même par se demander si le second ne serait pas, en notre siècle, une réincarnation du premier. La qualité qu'il semble revendiquer avant toute autre est l'humilité. Parmi les peuples, celui pour lequel il affirme nourrir le plus d'admiration et d'affection est le peuple juif. Pendant la guerre, l'abbé Pierre a été un résistant ; il le répète à satiété ; le lecteur ne risque pas de l'oublier.

Sous l'œil d'une caméra ?

Il aime à plaire aux journalistes et il semble vivre sous l'œil d'une caméra. Il ne se quitte pas du regard. « Mon visage s'est illuminé », écrit-il en une circonstance [2]. En une autre circonstance, il nous raconte un naufrage près des côtes d'Argentine où il a failli perdre la vie. Du coup, nous confie-t-il, « un grand homme de presse, Pierre Lazareff » appelle le journaliste Philippe Labro pour lui dire : « Laisse tout tomber, saute dans le premier avion pour Buenos Aires et rapporte-nous un reportage monstre. On fera une pleine page avec des photos du naufrage : "L'abbé Pierre sauvé des flots !" » P. Labro s'exécute mais il sera frustré car il découvrira que, cédant à la modestie, l'abbé refuse de lui parler du passé et ne veut l'entretenir que de ses projets ; en revanche, P. Labro dira de l'abbé : « Il m'a fait une réponse inoubliable ». Et l'abbé Pierre, toujours modeste, de rapporter dans son livre à la fois cette réponse et le commentaire élogieux, comme on le voit, du journaliste [3].

Confidences

Dans le prologue de son livre, ses premiers mots sont pour dire merci aux juifs, ce peuple, écrit-il, qui, « par son livre saint, la Bible, m'a appris à croire en Dieu Unique, Juste et Miséricordieux » [4]. L'adjectif de « Miséricordieux » ne saurait convenir au Dieu jaloux, colérique et vengeur de l'Ancien Testament [5]. Dans le premier chapitre, on voit l'abbé, pendant la guerre, franchir clandestinement la frontière suisse, « encordé », dit-il, « avec une douzaine de juifs traqués par la Gestapo », ou bien accueillant à Grenoble, chez lui, une nuit, deux juifs ; il écrit alors : « J'en ai fait dormir un sur mon matelas, l'autre sur mon sommier, et j'ai fini ma nuit sur un fauteuil. » On le voit encore retrouvant après la guerre le rabbin Sam Job qui, devanttoute une assistance, rappelle à l'abbé : « [Dans la montagne] vous avez donné vos souliers [à un juif] et vous êtes rentré chez vous pieds nus dans la neige [6]. »

L'abbé Pierre a la franchise de reconnaître qu'il est emporté et qu'il a, au moins en une circonstance, « piqué une colère monstre »[7]. Il avoue qu'une accorte personne risque de lui émoustiller les sens ; parlant de Mlle Coutaz, « morte à 83 ans après m'avoir supporté trente-neuf ans », il écrit : « Elle avait treize ans de plus que moi, et on peut difficilement imaginer femme si peu tournée vers la séduction. Heureusement, car si j'avais eu une ravissante secrétaire de vingt ans, c'eût été un véritable supplice pendant ces trente-neuf ans de vie partagée [8] ! » Il ne cache pas l'horreur que lui inspirent Mgr Lefebvre et ses « fanatiques » [9] ou encore « un Le Pen » [10]. Quant à ce qu'il appelle « la montée préoccupante de l'extrême droite et des racismes », il nous avertit que «nous devons tout faire pour les combattre [11] ».

La tornade

A propos de l'affaire Garaudy-abbé Pierre qui, en 1996, allait s'achever sur la retraite précipitée du premier [12] et la rétractation totale du second, on ne trouve que ces quelques lignes :

Puis il y eut cette tornade du printemps 1996. J'ai tout entendu : “L'Abbé Pierre est antisémite, il est sénile, il est devenu lepéniste...” Depuis, j'ai retiré mes propos et demandé pardon. Au plus profond de moi, il y avait la douleur dont je savais que souffraient beaucoup de personnes auxquelles toute ma vie m'avait étroitement lié, en particulier mes frères juifs. Je crois aujourd'hui que ces tragiques malentendus provinrent du fait que, imprudent et trop hâtif, j'avais abordé dans un même document des questions de personnes, des questions politiques et des questions religieuses [13]

Ni dans ce passage du livre, ni ailleurs, l'abbé Pierre ne nomme celui à qui il s'adressait, dans une lettre rendue publique, en l'appelant « Très cher Roger » et en le félicitant de son « étonnante et éclatante érudition, scrupuleuse ». Nulle part il n'évoque celui avec lequel il ne faisait qu'un, en cœur et en esprit, pour la vie.

Dans l'une des dernières pages du livre, les chambres à gaz nazies, sur l'existence desquelles R. Garaudy avait exprimé un fort scepticisme, sont évoquées dans les termes suivants : « La dictature nazie a provoqué cinquante millions de morts, avec toutes les atrocités que l'on sait : l'extermination des juifs, les chambres à gaz [14]. »

Conclusion et note

En conclusion, on peut, certes, admirer l'œuvre de l'abbé Pierre en faveur des déshérités mais, tout au long de sa vie, le personnage a beaucoup gardé du caractère de l'enfant gâté à qui, dès sa plus tendre jeunesse au sein d'une riche famille lyonnaise, on apprenait à faire la charité aux pauvres. Par ailleurs, il est capable de compassion mais seulement sous certaines conditions. Il a du cœur mais avec une tendance, comme le disait Gide au sujet de Guéhenno, à parler du cœur comme on parle du nez.

Terminons sur une note de cuistrerie. L'abbé nous explique avec satisfaction que le mot d'« enthousiasme » provient de deux mots grecs : « en », qui signifierait «un», et « theos », qui signifie « Dieu ». Il ajoute : « L'enthousiaste c'est l'homme qui devient un avec Dieu [15]. » L'erreur est étonnante : « en » signifie « dans » (le mot grec qui signifie « un » en français s'écrirait « hen »). Et, puisque nous en sommes à traiter d'étymologie, rappelons à notre érudit que «l'enthousiaste» est celui qui est animé d'un transport divin ou celui qui croit sentir un dieu en lui : telles les Bacchantes possédées par Dionysos ou tels ceux que possède Arès, le dieu de la guerre, ou encore le dieu Pan, l'enthousiaste s'imagine qu'un dieu l'habite. Henri Grouès devra, sur ce point, revoir sa copie et apprendre à distinguer « en » avec l'esprit doux (qui signifie « dans ») de « en » avec l'esprit rude (qui signifie « un ») : ce sera sa pénitence ou, comme on dit en hébreu, sa techouva.


30 juin 1997


Notes 

[1] Voy., R. Faurisson, « Bilan de l'affaire Garaudy-abbé Pierre », la section intitulée « L'abbé Pierre lance son appel du 18 juin », Ecrits révisionnistes (1974-1998), p. 1814-1816. 

[2] Abbé Pierre et Frédéric Lenoir, Mémoire d’un croyant, Paris, Fayard, 1997, p. 17. 

[3] Id., p. 226.

[4] Id., p. 9.

[5] Il serait piquant de réclamer aujourd'hui à l'abbé Pierre un commentaire de l'information selon laquelle « Le Nouveau Testament [est] menacé d'interdiction en Israël. » (Le Monde , 28 juin 1997, p. 5.)

[6] Id., p. 18. 

[7] Id., p. 247. 

[8] Id., p. 218. 

[9] Id., p. 139. 

[10] Id., p. 187. 

[11] Id., p. 189. 

[12] Plus il se rapproche de son procès qui aura lieu les 8, 9 et 15 janvier 1998 à la XVIIchambre du tribunal correctionnel de Paris, plus R. Garaudy accélère cette retraite. Il ne pipe plus mot des chambres à gaz nazies ; quant à ce qu'il appelle des « camps d'extermination », il s'insurge contre l'accusation selon laquelle il en aurait nié l'existence ; il ose déclarer qu'il ne peut pas avoir nié l'existence de tels camps puisque, arrêté le 14 septembre 1940, il est resté trente-trois mois dans un camp nazi ! (L'Avvenire, Milan, 19 novembre 1996.)

[13] Id., p. 206-207. 

[14] Id., p. 232. 

[15] Id., p. 47.